Mes lunes*, Mon Tapis de Yoga + Moi

 Image: “Lust” by Amanda Ruiz

Image: “Lust” by Amanda Ruiz

par Nathalie Geetha Babouraj  

Quel rapport ? Me demanderez vous.

Et bien une des choses merveilleuses que m’a enseigné le yoga (et ça on ne vous le dit pas dans les médias), ce n’est pas que la gestion du stress, que l’apaisement du mental, que la sensation de bien-être. C’est bien plus encore.

Le yoga m’a appris à me reconnecter à mon corps de femme. Ce corps que j’avais un peu banni, adolescente, un corps signe de fragilité dans une société indienne très masculine.

J’ai commencé à pratiquer le yoga de manière régulière lors de ma formation en yogathérapie, et en ayurveda. Une pratique d’abord « saupoudrée », quand j’apprenais mes cours, mais avec les années, c’est devenu un moment privilégié que mon corps me réclame.

“Et si on n’écoute pas ces besoins, le corps parle.”

Et ce que le yoga m’a appris, c’est de respecter les besoin de mon corps de femme. Cyclique. Il y a des matins je me réveille comme une fusée, je sens que mon corps demande quelques salutations au soleil dynamiques, une série de respirations qui réveille mon système nerveux, et me donne la patate pour la journée. Alors que d’autres jours, j’ai envie de relaxation, de cocooning, un yin yoga en fin de journée. Et d’autres fois, je n’ai envie de rien. A part m’asseoir dans le noir, et contempler.

Au début je trouvais cela bizarre. Les profs nous disaient de pratiquer tous les jours au moins 15 minutes, les médias nous bassinent aussi avec yoga le lundi, pilates le mardi, gym le mercredi... Je me disais que je n’étais pas sérieuse, que je devais me forcer tous les jours.

Et puis un jour, j’ai découvert que nous les femmes, nous étions cycliques. Enfin, je le savais physiologiquement, ayant fait des études de médecine, mais jamais je n’avais transposé notre manière de percevoir le monde, et notre monde intérieur, avec le filtre de nos variations hormonales. Or nous savons aujourd’hui que nos molécules chimiques qui composent nos hormones, véritables messagères, mettent en lien non seulement nos différents organes entre eux, mais aussi nos organes avec notre réserve énergétique, nos émotions, nos pensées, nos ressources, notre intuition... Bref, j’ai senti que la caverne d’Ali Baba s’ouvrait devant moi quand j’ai commencé à utiliser mon corps de femme comme laboratoire d’expérimentation. Et plutôt que d’appliquer à la lettre tous les conseils et paradigmes que j’apprenais sur mon tapis, j’allais aussi écouter ma boussole intérieure.  

Un debrief express :

  • Le cycle commence au 1er jour des règles. Nous n’avons plus d’hormones sexuelles, c’est ce qui déclenche les saignements. Le corps n’a plus d’énergie, il a besoin de se ressourcer. Si nous forçons, nous allons l’épuiser.

  • Puis quelques jours après, nos hormones arrivent, un profil original où nous regagnons de l’énergie. Nous arrivons à voir au long cours, à planifier, à foncer.

  • Puis pic d’ovulation. Le corps est prêt à accueillir un bébé ou un projet. Nous ressentons plus d’empathie, nous avons envie de prendre soin des autres, un rythme plus en accord avec la Slow Life.

  • Et enfin, si Mr spermatozoïde ne vient pas, les hormones baissent en dent de scie, et nous oscillons entre créativité, et introspection, besoin d’air, d’espace, de sortir des cadres.

Et si on n’écoute pas ces besoins, le corps parle. Comme le fameux syndrome pré-menstruel. CQFD. A travers un cycle, nous traversons toutes les saisons de la nature. Tous les éléments. Si nous restons coincées dans un élément, nous nous déséquilibrons.

D’où mon corps qui faisait le mauvais élève à toutes mes retraites où je sentais de la résistance à me lever tous les matins aux aurores, ou une envie de faire différemment que le groupe.

Pour moi, cette boussole intérieure pragmatique et sacrée devrait être enseignée à toutes les petites filles et à tous les garçons. Apprendre à accueillir et décrypter ses signaux faibles intérieurs du corps permettrait d’être autonome, et nourrir ses besoins profonds, plutôt que d’aller chercher les solutions à l’extérieur. Et de developper cette interconnexion entre êtres vivants, la terre, et l’univers. 

*** Si le mystère de vos lunes vous invite à aller plus loin, Nathalie vous donne rendez-vous pour les prochaines masterclasses en ligne gratuites “Sexy Smart Spirituelles” du 26 aout au 2 septembre. Au menu : s’y retrouver dans les cycles, le chaos, notre meilleur allié, la vision ayurvédique du féminin, et les femmes qui n’ont plus leurs cycles ? *** 

* Joli terme pour désigner nos menstruations, connectées aux cycles de la lune, l’astre du féminin. Le mot commun « règles », désigne la régularité des saignements d’une femme en âge de procréer. A vous de choisir le terme qui vous enchante...


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NATHALIE GEETHA BABOURAJ, @DocLaluna :  Après une carrière de médecin de prévention auprès des pompiers de Paris, et l’exploration de la santé intégrative dans un groupe de recherche à l’OTAN, Nathalie quitte la blouse blanche et créé l’Institut de Santé Intégrative pour un monde plus à l’écoute du vivant.